films coréens à voir
Cinéma Société et Culture

5 Films coréens à voir

10 mai 2020

Je porte un grand intérêt au cinéma coréen depuis de nombreuses années. Celui-ci est d’ailleurs de plus en plus reconnu à l’étranger. La consécration de Parasite à Cannes et aux Oscars en est la preuve. Au vue de la situation actuelle, j’ai pensé qu’il serait intéressant de vous partager 5 films coréens. Cela pourrait vous donner des idées de films à voir pendant le confinement (et même après!). Si le sujet vous plait, des articles sélection de films pourraient revenir de manière sporadique sur le blog.

 

Des nouilles aux haricots noirs/ Castaway on the Moon (김씨 표류기) de Lee Hae-joon

films coréens

Ce film relate l’histoire de Kim Seong-geun qui, accablé par les dettes décide de se suicider en se jetant d’un pont dans le fleuve Han. Il se réveille sur l’île de Bamseom (située dans le fleuve, en plein cœur de Seoul) et décide d’y vivre à la manière d’un Robinson Crusoé, avec pour objectif de réaliser un plat de Jajangmyeon (plat sino-coréen à base de nouilles aux haricots noirs). En parallèle, nous suivons la vie de Kim Jung-yeon, une jeune femme qui par peur de la vie réelle s’enferme chez elle. Elle aperçoit Seong-geun de sa fenêtre et les deux protagonistes commencent à communiquer.

C’est l’un des premiers films coréens que j’ai visionné et il m’a énormément marquée. Le réalisateur arrive à aborder des thèmes sensibles de la société coréenne comme le suicide ou l’asociabilité mais de façon légère. A travers le retour aux sources du personnage principal, le film nous amène à réfléchir sur les besoins de base de notre existence pour être heureux et épanoui. Ce thème de l’isolement délibéré d’un côté et contraint de l’autre ne peut que faire écho à la situation que nous vivons actuellement. C’est donc une comédie légère avec un message fort que je vous conseille de visionner lors d’une petite déprime.

 

Ode to my father (국제시장) de Yoon Je-kyoon

films coréens

Le film suit Deoksoo, un enfant nord-coréen qui se réfugie à Busan durant la guerre de Corée. Il raconte sa vie et son sacrifice pour sa famille à travers des épisodes historiques marquants de la Corée du Sud. Le nom coréen est kkujae shijang (marché international), un lieu qui s’est développé à Busan lors de la guerre de Corée.

Bien qu’il ait quelques scènes discutables, j’ai beaucoup apprécié ce film. Tout d’abord, les sujets abordés sont extrêmement forts. En effet, le thème principal du film est la guerre de Corée et ses conséquences sur la population civile, avec notamment la séparation des familles, sujet toujours d’actualité. Le film traite également du sacrifice pour sa famille, Deoksoo devenant le chef de famille. J’ai de plus, beaucoup aimé le traitement des événements historiques et leurs impacts sur la vie du personnage principal. Le film insère également de manière subtile, de nombreuses personnes célèbres qui ont façonné la société coréenne. Ainsi, vous pourrez apercevoir entre autres le fondateur de Hyundai, Chung Ju-yung ou le styliste André Kim. Et puis je craque complètement pour le dialecte de Busan utilisé notamment par Deoksoo joué par Hwang Jeong-min. On peut également profiter du cadre charmant de la ville.

Néanmoins, il est important de prendre du recul sur ce film qui a été critiqué pour sa vision nationaliste. Il use parfois de stéréotypes et d’une vision manichéenne en faveur du peuple coréen. Par exemple, les méchants occidentaux se retrouvent à exploiter les gentils coréens dans les mines de charbon ou les soldats américains s’amusent à jeter du chocolat aux « misérables » enfants coréens. Malgré ces quelques scènes dérangeantes, c’est un film que je vous conseille de visionner pour son « ode » à la famille. C’est une comédie certes dramatique mais qui contient quelques scènes légères et naïves qui vous feront sourire.

 

The Last Princess (덕혜옹주) de Hur Jin-ho

films coréens

Ce film relate la vie de la princesse Deokhye, fille du roi Gojong et dernière princesse de Corée. Enlevée par les japonais en 1925 à l’âge de 13 ans, elle fait tout pour rentrer dans son pays avec l’aide de son ami d’enfance Kim Jang-han.

The Last Princess m’a beaucoup remuée notamment grâce au talent incontestable de Son Ye-Jin. Elle est pour moi l’une des meilleurs actrices coréennes de sa génération.  Ce film est une histoire d’amour fictive basée sur la vie de Deokhye. Les événements majeurs et dramatiques ont néanmoins bien existé. Le réalisateur dénonce les atrocités de l’empire du Japon en nous transmettant des émotions. Le film témoigne ainsi du ressentiment actuel de la Corée pour le Japon, dû à l’obstination de celui-ci de ne pas reconnaître ses crimes.  Vous pourrez en plus bénéficier de beaux plans du palais Changdeokgung.

 

A Moment to Remember (내 머리 속의 지우개) de Lee Jae-han

films coréens

Suji a 27 ans et vient de rompre avec son petit ami. Elle fait la rencontre de Chul-soon, employé par le père de Suji, à la tête d’une entreprise de BTP. Malgré leurs différences sociales, ils tombent amoureux et préparent leur futur ensemble. Tout bascule lorsque Suji apprend qu’elle est atteinte de la maladie Alzheimer.

C’est le film le plus triste de cette sélection. Vous devez donc avoir le cœur bien accroché. C’est un film culte porté par le couple  Jeong Woo-seong et Son Ye-jin. Cette dernière est encore une fois magistrale et émouvante. Le film est d’autant plus dramatique par le jeune âge de Suji et les conséquences terribles que la maladie a sur sa relation avec Chul-soon. C’est un film qui m’a beaucoup touchée car je me suis rapidement identifiée à Suji et à son couple avec Chul-soon. Ce film est beau et fort mais très dur.

 

Parasite (기생충) de Bong Joon-ho

films coréens

Ki-woo et sa famille sont sans-emploi et vivent dans l’extrême pauvreté. Un jour, un ami de Ki-woo lui propose de le remplacer en tant que tuteur d’anglais de Dahye, fille des Park, une famille très fortunée. Il lui vint alors l’idée de remplacer progressivement les employés des Park par les membres de sa famille. Le plan marchait à la perfection jusqu’au jour où un événement fait basculer leur vie…

Je ne pouvais pas l’omettre de ma sélection bien que tout le monde en ait parlé. C’est l’un des meilleurs films coréens que j’ai pu visionner. C’est donc un succès largement mérité. Je vais rester vague afin de ne pas trop en dévoiler mais ce film m’a complètement troublée. Bong Joon-ho nous tient en allène tout le long de son oeuvre, allant de surprise en surprise. Le twist final étant inattendu et renversant. Son génie réside aussi par sa façon de filmer, mêlant des actions en premier et arrière plan. C’est donc un film à visionner plusieurs fois afin de bénéficier de tout son art. Ses thèmes principaux sont la déshumanisation et la hiérarchie sociale. Ainsi, le réalisateur dénonce non seulement les inégalités sociales mais également ce système de catégorisation sociale en Corée du Sud. Il est en effet presque irréalisable d’accéder à une réussite sociale lorsque l’on provient d’un milieu pauvre. Bong Joon-ho est donc un réalisateur engagé, qui n’hésite pas à afficher ses idées politiques, il fut d’ailleurs inscrit sur liste noire durant l’administration Park . Il est aujourd’hui l’un des réalisateurs coréens les plus reconnus au monde avec de nombreux films à son actif (The Host, Memories of Murder, Snowpiercer, Okja…). Parasite est donc pour moi l’aboutissement de sa carrière.

 

Avez-vous regardé ces films? Quelle serait votre sélection de films coréens?

 

2 Comments

Leave a Reply